Une journée au Lachute Antique Expo Show

Hier se tenait le désormais traditionnel Lachute Antique Expo Show, un grand rendez-vous annuel consacré aux antiquités, au vintage et aux objets de collection, soit précisément les catégories que nous privilégions dans nos encans

J’avais manqué l’édition de l’an dernier, mais normalement, j’essaie toujours d’aller y faire un tour. Mon oncle y tient d’ailleurs un kiosque depuis la première année et, chaque fois, il m’invite à passer le voir. Pour les curieux, vous pouvez le suivre ici : Rétro Décor.

Cela dit, même si ma visite était déjà prévue, j’aurais difficilement pu l’oublier. Je suis assez peu actif sur les réseaux sociaux, mais dans les dernières semaines, chaque passage rapide dans mon fil d’actualité me rappelait que le Lachute Antique Expo Show approchait. Je voyais passer des publications liées à la page de l’événement, mais aussi beaucoup de partages et de commentaires d’exposants qui annonçaient leur présence, parlaient de ce qu’ils préparaient et rappelaient l’approche du show. La plupart n’étaient même pas dans mes contacts, mais l’algorithme semblait avoir compris que ce genre de contenu avait toutes les chances de m’intéresser. Bref, même si je n’avais pas déjà eu l’intention d’y aller, à force de voir passer ces publications une fois, puis deux, puis dix, j’aurais probablement fini par me dire : bon, manifestement, il faut aller voir ça.

Au programme : antiquités, vieilles publicités, objets de collection, kiosques bien remplis, visages connus, conversations entre passionnés, quelques photos prises beaucoup trop rapidement et, évidemment, plusieurs inconnus qui allaient m’accoster pour me confier qu’ils avaient été séduits au premier regard… par Noura. Bref, exactement le genre de sortie qui rappelle pourquoi ce milieu reste aussi vivant.

Le départ aux aurores

Le dimanche, même si je fais du travail à distance en journée et qu’un encan se termine en soirée, c’est normalement la journée où je me lève un peu plus tard. Mais hier, Noura et moi étions debout à 6 h, question d’arriver à l’ouverture et de vivre l’expérience totale. Nous sommes passés à l’encan récupérer les derniers achats de mon oncle pour les lui apporter, puis nous avons pris la 50 en direction du Marché aux Puces Lachute, où se tenait l’événement, avec un café de plus qu’à l’ordinaire pour compenser le manque de sommeil.

Le Lachute Antique Expo Show se déroule à l’extérieur. Il devait avoir lieu beau temps, mauvais temps, avec des toits au-dessus des kiosques en cas de pluie. De mon côté, je craignais moins les averses que la chaleur. On venait de traverser une semaine caniculaire et j’avais peur que ça se poursuive. J’avais donc prévu une immense bouteille d’eau et un bol pour Noura. Heureusement, la météo a collaboré. Il faisait chaud, assez pour prendre un peu de couleurs, mais sans atteindre les températures des jours précédents. Pour une journée où l’on marche beaucoup, où l’on s’arrête souvent et où l’on revient parfois sur ses pas, ça compte.

Un événement qui prend de l’ampleur

Le Lachute Antique Expo Show en était à sa 4ᵉ édition, et tout indique que la formule gagne du terrain. Cette année, plus de 150 exposants étaient réunis sur le site. Dans les allées, on sentait que ce rendez-vous attire désormais un public qui sait pourquoi il se déplace.

Ce n’est plus seulement une sortie qu’on découvre par hasard au détour d’un dimanche. C’est devenu une date importante pour les amateurs d’antiquités et de vintage, avec des vendeurs, des acheteurs et des curieux qui semblent de plus en plus nombreux à l’avoir encerclée dans leur calendrier.

Je me suis brièvement entretenu avec deux des organisateurs, très modestes, qui préfèrent manifestement laisser parler l’événement plutôt que de se mettre de l’avant. J’ai aussi discuté avec plusieurs exposants, et les commentaires allaient tous dans le même sens : beaucoup de travail est investi en coulisses pour bonifier l’expérience, attirer plus de monde et préserver le charme de la journée.

Une organisation qui se remarque

Et ça paraît sur place. Les kiosques sont bien mis en valeur, la circulation est agréable et on a envie de prendre son temps. J’ai dû faire le tour des allées un bon dix fois ! On sent que rien n’a été laissé au hasard.

La préparation ressort aussi dans la façon dont l’événement est présenté avant même le jour J. Les exposants sont mis de l’avant, les publications circulent abondamment sur les réseaux sociaux et il est facile de suivre ce qui se prépare avant l’ouverture. Dans un milieu où le bouche-à-oreille occupe encore une place importante, cette visibilité contribue clairement à attirer autant les vendeurs que les visiteurs.

Un bon show d’antiquités ne dépend pas seulement de sa taille. Il repose aussi sur la qualité des exposants, sur l’ambiance, sur la confiance qu’on a en ce qu’on va y trouver et sur l’énergie que les organisateurs réussissent à insuffler à la journée, même s’ils ne l’avoueront pas. À ce chapitre, le Lachute Antique Expo Show semble avoir trouvé la bonne recette.

Pas une journée régulière au marché aux puces

Le Marché aux Puces Lachute est déjà un endroit bien connu des chineurs. Si j’en ai perdu quelques-uns, un chineur, c’est quelqu’un qui aime fouiller les brocantes, les ventes de garage, les encans et les tables de vendeurs à la recherche d’objets intéressants, rares, anciens ou simplement sous-estimés. Ça peut être dans une optique de revente, même si, dans ce cas, j’aurais plutôt tendance à utiliser le mot picker. Mais on peut aussi chiner pour décorer sa maison, compléter une collection ou simplement parce qu’on aime tomber sur quelque chose qu’on ne cherchait pas. Bref, c’est quelqu’un qui sait que la meilleure trouvaille n’est pas toujours celle qui saute aux yeux en premier. 

À Lachute, on peut donc déjà trouver de tout, et c’est justement ce qui fait partie du charme de l’endroit. Mais le Lachute Antique Expo Show joue dans un autre registre.

Bouteilles anciennes et isolateurs en verre au Lachute Antique Expo Show
L’un des étalages d’isolateurs et de bouteilles anciennes que j’ai préférés pendant ma visite.
Figurines décoratives, objets en laiton et verrerie au Lachute Antique Expo Show
Une table où les grosses pièces accrochent d’abord le regard, avant qu’on se perde dans les petits détails.

Ce qui distingue vraiment cette journée d’un marché aux puces régulier, c’est la qualité de ce qui se retrouve sur les tables. Les vendeurs n’apportent pas simplement de quoi garnir leur espace. Ils sortent leurs gros canons, les pièces qu’ils gardent justement pour les rendez-vous importants. On sent que chaque espace est préparé avec soin, avec l’idée de proposer quelque chose de plus relevé que ce qu’on pourrait voir le reste de l’année : la crème de la crème. 

Et ça change complètement l’expérience. On ne marche plus seulement entre des kiosques : on avance avec l’impression que les exposants ont aménagé chaque espace pour retenir l’attention, attirer l’œil et faire arrêter les gens dans les allées.

Ce qu’on trouve au Lachute Antique Expo Show

Un bon show d’antiquités, c’est toujours un peu imprévisible. C’est d’ailleurs pour ça qu’on y va. On peut avoir une idée générale de ce qu’on espère trouver, mais l’intérêt vient souvent de tout ce qu’on n’avait pas prévu croiser.

Avec autant de tables à parcourir, chacune avec ses spécialités, il est pratiquement impossible de tout voir en un seul passage. C’est d’ailleurs ce qui rend la visite aussi agréable : on tourne un coin d’allée et on découvre constamment quelque chose de différent.

À Lachute, la variété fait partie du plaisir. On peut tomber sur des meubles, des bijoux, de la vaisselle, des outils, des jouets mécaniques, des luminaires, de l’art populaire, des objets décoratifs, des curiosités et toutes sortes d’objets de collection. Certains kiosques misent sur des pièces spectaculaires ; d’autres demandent qu’on prenne le temps de fouiller un peu plus attentivement. 

Plaques d’immatriculation anciennes au Lachute Antique Expo Show
Des plaques d’immatriculation, en voulez-vous, en voilà !
Sélection de cannes anciennes exposées au Lachute Antique Expo Show
Heureusement qu’il ne ventait pas trop…

La vieille publicité semble toutefois occuper une place à part. Affiches de garage, pancartes Coca-Cola, enseignes émaillées, objets promotionnels, thermomètres publicitaires, présentoirs, contenants anciens : ce genre de pièce frappe vite l’œil. Elle combine nostalgie, graphisme, marques connues et potentiel décoratif, ce qui explique probablement pourquoi elle attire autant les regards.

Kiosque rempli d’anciennes publicités et d’enseignes au Lachute Antique Expo Show
Le genre de kiosque qui fait arrêter net.
Plateaux publicitaires, enseignes et objets promotionnels anciens
Ici, les amateurs de cabarets publicitaires étaient comblés.

C’est aussi une catégorie très facile à apprécier, même quand on ne la collectionne pas officiellement. Une belle enseigne ou une vieille affiche se comprend vite. On la voit, on reconnaît une époque, une marque, une ambiance, et on saisit rapidement pourquoi quelqu’un voudrait repartir avec.

Faut-il arriver tôt à ce genre d’événement ?

La croyance populaire veut qu’il faille arriver dès les premières heures pour maximiser ses chances de dénicher les meilleures aubaines, mais la réalité est un peu plus nuancée.

C’est vrai que les chineurs, les pickers, les antiquaires et les collectionneurs très ciblés ont souvent intérêt à arriver tôt. Certaines pièces ne restent pas longtemps sur une table. Il y a des gens qui savent exactement ce qu’ils cherchent, qui balayent rapidement les kiosques du regard et qui décident sans hésiter. Mais il y en a aussi qui prennent leur temps, qui inspectent chaque pièce et qui cherchent le détail que d’autres n’auront pas vu, comme les amateurs d’ouraline qui n’ont jamais leur lampe UV très loin.

Plusieurs vendeurs m’ont aussi confié qu’ils s’installent dès la veille. Ça leur permet de préparer leur kiosque tranquillement, de discuter entre eux, de conclure quelques transactions et d’être fin prêts lorsque les visiteurs arrivent le lendemain matin.

Cela dit, pour monsieur et madame Tout-le-Monde, il n’est pas nécessaire d’être sur place aux petites heures du matin pour profiter de l’événement. Avec autant de vendeurs, de tables et de catégories d’objets, il reste de belles occasions tout au long de la journée. On peut arriver plus tard, fouiller à son rythme, faire de belles rencontres et tomber sur quelque chose qu’on n’avait pas prévu chercher.

J’en ai moi-même fait l’expérience il y a deux ans, quand j’ai trouvé une chouette taxidermie à très bon prix en plein après-midi. Comme quoi, même quand les premiers chasseurs de trésors sont déjà passés, le show n’a pas encore dit son dernier mot.

Beaucoup de visages connus

Ce que j’aime dans ce genre de sortie, c’est qu’on ne croise pas seulement des objets. On croise aussi un milieu.

En marchant entre les kiosques, j’ai perdu le compte du nombre de vendeurs et d’acheteurs de l’encan que j’ai croisés. Je ne suis pas le meilleur pour reconnaître les visages, mais Noura me rend facilement identifiable. Les gens la remarquaient souvent avant moi, puis réalisaient ensuite que j’étais au bout de sa laisse.

Plusieurs vendeurs de l’encan étaient aussi exposants au Lachute Antique Expo Show. Certains m’ont même invité à passer derrière leur kiosque pour discuter de leur côté de la table. C’était assez drôle, parce qu’il arrivait que des clients, eux aussi habitués de nos encans, s’arrêtent devant leurs objets, lèvent les yeux pour demander un prix… puis tombent sur moi. Je devais alors leur répondre en riant : « Ah ! Bonjour ! Ce n’est pas mon kiosque, c’est celui de… »

Entre passionnés

Mais dans ce contexte « hors encan », personne ne m’attendait au comptoir. Je n’avais pas un dépôt d’articles à gérer, une question technique à régler ou des lots à photographier. On pouvait simplement jaser.

J’ai discuté de jouets en tôle japonais, de verre carnaval, d’art déco — tiens, tiens, tous des sujets de blogues à venir… J’ai naturellement aussi échangé avec mon oncle, une véritable encyclopédie vivante de tout ce qui touche aux anciennes bouteilles. Puis, comme souvent dans ce milieu, un sujet en amenait un autre. On part d’une vieille affiche publicitaire, quelqu’un attire notre attention sur une signature au fond d’une pièce de céramique, un autre mentionne une caractéristique d’un style, et cinq minutes plus tard, on compare des souvenirs de trouvailles improbables. Le tout entrecoupé de passants qui nous arrêtaient pour demander le nom de Noura ou savoir s’ils pouvaient la caresser.

Au final, j’ai donc plus parlé que dépensé. Mais…

De nouveaux caniches

J’espérais profiter de la journée pour dénicher quelques pièces de Pyrex qui me manquent encore dans les motifs que je collectionne. Malheureusement, je suis rentré bredouille de ce côté-là.

En revanche, je ne suis pas reparti les mains vides. Quatre nouveaux caniches se sont ajoutés à ma collection — eh oui, je collectionne aussi tout ce qui concerne la meilleure race de chiens.

J’ai trouvé un jouet à piles qu’on peut promener en laisse. À première vue, le mécanisme semble encore complet. Il aura besoin d’une petite soudure dans le compartiment des piles, mais rien qui ne devrait être bien compliqué à remettre en état.

J’ai aussi rapporté un trio de figurines en porcelaine. On croise assez souvent ce genre de caniches décoratifs : un plus gros accompagne deux plus petits, reliés par une chaîne métallique. En revanche, je n’avais encore jamais vu cette variante avec des lunettes et de la fausse fourrure. Ce n’était clairement pas les pièces les plus rares ou spectaculaires du show, mais c’étaient mes trésors à moi.

Caniche vintage à piles avec laisse et boîtier bleu
Celui-là, Noura était convaincue que c’était un jouet pour elle.
Trio de caniches en porcelaine avec lunettes et fausse fourrure
Avouez que le plus grand a quand même un petit air d’intello.

Ce qu’un show apporte de différent

Évidemment, j’ai un faible pour les encans. C’est mon monde. Mais les shows d’antiquités comme celui de Lachute jouent un rôle différent et — presque — aussi important.

Un encan permet à un objet de rejoindre beaucoup d’acheteurs, parfois très loin, et de laisser le marché déterminer son prix. Sur place, l’expérience est tout autre. On peut toucher, comparer, discuter, poser des questions, négocier, découvrir des marchands et se laisser surprendre par une table qu’on n’aurait jamais trouvée en cherchant un simple mot-clé.

Il y a aussi quelque chose de précieux dans le contact direct avec le vendeur. On entend une histoire, on pose une question, on reçoit une information qu’on n’aurait jamais pensé chercher, puis on repart parfois avec une meilleure compréhension d’un objet, d’une marque ou d’une époque.

C’est peut-être ce qui résume le mieux cette journée. On pense venir voir des objets, puis on finit par passer autant de temps à parler aux gens qui les aiment, les vendent, les cherchent ou les collectionnent. C’est là que le show prend tout son sens. Il ne sert pas seulement à faire circuler des pièces ; il garde aussi vivant un milieu où les connaissances, les anecdotes et la passion se transmettent d’une table à l’autre.

Bref, le Lachute Antique Expo Show mérite clairement sa place dans le calendrier des amateurs d’antiquités, de vintage et d’objets de collection. J’y retournerai l’an prochain et, pour fêter sa 5ᵉ édition, c’est clair : des vendeurs proposeront des Pyrex Fridgie Autumn Harvest… et des plats à lasagne de tous mes modèles préférés !

4 réflexions au sujet de « Une journée au Lachute Antique Expo Show »

    1. Merci beaucoup, M. Carrière !

      Je suis content que le texte vous ait plu. Vous comprenez maintenant pourquoi je ne suis pas venu vous saluer dimanche : je venais tout juste de revenir du show et je me suis aussitôt mis à l’écriture afin de pouvoir publier rapidement, pendant que l’événement était encore tout frais dans la mémoire des gens. 😉

      Merci encore de prendre le temps de me lire et de laisser un commentaire. C’est toujours apprécié !

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