Les encans caritatifs : une façon concrète d’aider une cause

Aujourd’hui, petite pause dans les blogues consacrés aux objets. J’ai envie de vous parler d’encans caritatifs. C’est un type de projet que nous aimerions développer à l’avenir.

L’idée de ce billet m’est venue après un appel récent. Au bout du fil, une dame se présente et m’explique qu’elle travaille pour un organisme voué à une cause importante. Elle m’en décrit la mission, me présente quelques statistiques, puis m’amène vers une question fermée du genre : « Vous reconnaissez que c’est triste ? »

Je reconnais surtout la technique de vente. Dans une autre vie, j’ai été formateur en centres d’appels. Les scripts, le funneling et les questions qui orientent la conversation vers un « oui », je connais bien.

Entendons-nous : s’il s’était agi d’un appel de télémarketing ou d’un sondage, la conversation aurait été beaucoup plus courte. J’y aurais poliment mis fin dès les premières secondes. Par respect pour mon temps, mais aussi pour celui de la personne qui me sollicite.

Mais dans ce cas-ci, la cause étant noble, j’ai laissé la dame poursuivre son explication.

Après quelques minutes, elle me dévoile le véritable but de son appel : une campagne de financement avec des tirages, de gros prix et des billets à plusieurs centaines de dollars.

Puis, encore avec la technique de la question fermée, elle me lance :

« Je peux donc compter sur vous pour vendre plusieurs billets ? »

Je lui ai répondu du tac au tac : « Non. »

Et j’ai immédiatement ajouté ce que je propose chaque fois dans ce genre de situation :

« Mais je pourrais peut-être vous aider autrement. Je travaille dans le domaine des encans, et nous en organisons chaque semaine. Si vous recevez des dons d’objets, d’œuvres ou de quoi que ce soit qui peut être mis aux enchères, nous pourrions les vendre au plus offrant au profit de votre cause. »

Une précision importante

Je souris ici des techniques de vente utilisées dans cette anecdote, mais je ne veux absolument pas banaliser l’enjeu. J’ai même choisi de ne pas nommer l’organisme ici, afin de ne pas heurter inutilement certaines sensibilités. La dame aurait certes pu bénéficier d’un peu de coaching, mais son travail et celui de l’organisme qu’elle représente demeurent sérieux, difficiles et essentiels.

Comment les encans caritatifs peuvent soutenir une cause

Le principe des encans caritatifs est assez simple. Des entreprises, des artistes, des commerçants ou des particuliers donnent des biens ou des services à un organisme. Celui-ci cherche à amasser des fonds pour une cause, un projet ou une campagne. Les lots peuvent ensuite nous être confiés pour être vendus aux enchères.

Les raisons d’organiser ce type de vente varient énormément. On peut soutenir la recherche sur une maladie ou aider directement les personnes qui en souffrent. Les fonds peuvent aussi appuyer une fondation, une famille, une école ou un organisme communautaire. Ils peuvent financer un projet sportif, culturel, humanitaire ou environnemental. Certaines campagnes viennent aussi en aide aux animaux. Bref, il existe presque autant de raisons d’organiser un encan caritatif que de causes à soutenir.

Les dons peuvent prendre toutes sortes de formes. On peut retrouver des œuvres d’art, des antiquités, des objets de collection ou des produits neufs. Les paniers-cadeaux, bijoux, vêtements, articles de sport et produits gastronomiques trouvent aussi leur place.

Les entreprises locales peuvent offrir des certificats-cadeaux, des repas, des nuitées, des soins ou différents services. On peut aussi proposer des billets de spectacle ou d’événements sportifs, ainsi que des activités familiales. Les expériences fonctionnent également très bien : excursions, cours, visites privées ou rencontres particulières.

Pour plusieurs commerçants, cette approche semble plus concrète qu’une simple demande de contribution financière. Elle permet de soutenir une cause tout en gagnant un peu de visibilité au passage. L’organisme, lui, reçoit les fonds une fois l’encan terminé, tandis que l’acheteur repart avec quelque chose en échange de sa contribution. Au final, tout le monde y gagne.

Pourquoi les encans caritatifs fonctionnent mieux en ligne

Aujourd’hui, les encans en ligne permettent à ce type d’initiative d’aller chercher beaucoup plus de visibilité qu’auparavant.

Au lieu de dépendre uniquement des personnes présentes dans une salle ou lors d’un événement précis, les enchérisseurs peuvent participer de partout. Les organismes peuvent partager les lots sur leurs réseaux sociaux pendant plusieurs jours, présenter leur cause et mobiliser leur communauté bien au-delà d’une seule soirée.

On remarque aussi quelque chose d’intéressant avec ce type d’encan : les enchérisseurs ne proviennent pas toujours de notre clientèle habituelle. Très souvent, des proches de la cause, des amis, des collègues ou des abonnés des organismes découvrent l’encan simplement parce qu’un lien a circulé sur Facebook.

Les batailles d’enchères deviennent alors parfois étonnamment intenses. Disons simplement qu’un proche déterminé à soutenir une bonne cause peut s’avérer très difficile à battre.

Bien organisés et bien partagés sur les réseaux sociaux, les encans caritatifs peuvent aussi rejoindre des gens qui n’auraient probablement jamais entendu parler de la cause autrement.

Le format en ligne permet aussi d’inclure de bonnes photos, mais surtout une description plus complète de la cause soutenue. On peut y expliquer qui profite de la vente, pourquoi les fonds sont amassés et ce qu’ils permettront d’accomplir. Dans un encan caritatif, ce contexte peut avoir autant d’impact que le lot lui-même, voire davantage.

Un exemple récent : La Grande Traversée SLA

Cette année, nous avons eu la chance de participer à une initiative particulièrement touchante : La Grande Traversée SLA.

Le projet était porté par Yannik Richard, ambassadeur pour SLA Québec. Âgé de 50 ans, marié et père de trois enfants, Yannik vit avec la sclérose latérale amyotrophique (SLA) depuis environ deux ans. Plutôt que de se laisser définir par la maladie, il a choisi d’en faire un moteur pour mobiliser les gens autour de lui et sensibiliser la population à cette réalité encore méconnue.

C’est ainsi qu’il a entrepris un impressionnant périple de 4 500 kilomètres à travers le Canada, en fauteuil roulant motorisé, reliant l’Ouest du pays au Québec afin de soutenir la recherche et de faire rayonner la cause. Un projet profondément humain, à la fois physique et symbolique, qui a rapidement réussi à toucher des gens et à mobiliser des communautés un peu partout sur son passage.

Dans le cadre de cette levée de fonds, l’artiste québécois Confetti (Mathieu Robert) a offert une œuvre intitulée Le Gardien de l’Âme à La Grande Traversée SLA, et nous avons reçu le mandat de la vendre dans l’un de nos encans au profit de la cause.

Lot vendu au profit de La Grande Traversée SLA dans un encan en ligne d’Encans des Laurentides
Le Gardien de l’Âme, œuvre de Confetti offerte au profit de La Grande Traversée SLA.

Sur le site de l’artiste, l’œuvre était affichée à 900 $. Dans le cadre d’un encan régulier, elle se serait probablement vendue pour une fraction de ce montant, puisque les œuvres contemporaines et les produits neufs atteignent rarement leur pleine valeur marchande en encan. Mais dans ce contexte bien particulier, portée autant par l’histoire de Yannik que par le désir des enchérisseurs de contribuer à la cause, nous l’avons finalement adjugée pour 1 275 $.

Une formule qu’on aimerait développer davantage

Comme je le disais d’entrée de jeu, c’est un type de projet que nous aimerions développer davantage. Les encans caritatifs nous touchent particulièrement par leur capacité à rassembler des gens autour d’enjeux concrets et humains. Ils rejoignent aussi plusieurs valeurs qui nous tiennent à cœur, notamment la solidarité, l’entraide et l’implication dans notre communauté.

La formule peut s’adapter selon les besoins. Lorsqu’un organisme reçoit beaucoup de dons, nous pouvons organiser un encan entièrement consacré à sa cause. S’il n’y a que quelques lots, ils peuvent plutôt être intégrés à un encan régulier. Nous les plaçons alors en début de catalogue afin de leur donner davantage de visibilité.

Nous offrons également des taux préférentiels pour ce type d’initiative afin de réduire les frais et de laisser une plus grande part des sommes amassées à la cause.

Au final, les encans permettent de transformer ce qui est mis en vente en sommes bien concrètes. Dans un contexte caritatif, ils peuvent toutefois accomplir davantage. Une œuvre, un produit, un service ou une expérience peut alors devenir un véritable moteur de solidarité.

Si vous représentez un organisme, une fondation ou un événement-bénéfice, voyez ce billet comme une main tendue. Vous pensez qu’un encan pourrait aider votre cause ? N’hésitez pas à nous contacter.

Et si vous connaissez quelqu’un pour qui ce service pourrait être utile, un simple partage peut parfois faire toute la différence.

Laisser un commentaire