Acheter des entrepôts abandonnés : rentable ou risqué ?

Acheter un entrepôt abandonné, c’est un peu comme acheter à l’aveugle…

On retrouve toutes sortes de vendeurs chez nous. Certains sont antiquaires, d’autres brocanteurs, et plusieurs sont simplement des particuliers qui souhaitent faire du ménage ou vendre quelques objets.

Pour certains, il s’agit d’un loisir, pour d’autres d’un revenu d’appoint, et pour quelques-uns, c’est leur principale source de revenus.

Parmi ces derniers, on retrouve un profil bien particulier : ceux qui achètent des entrepôts abandonnés — souvent appelés lockers — pour ensuite revendre leurs trouvailles, individuellement, dans nos encans.

En quoi ça consiste exactement ?

Le principe repose sur des espaces d’entreposage dont le loyer n’a pas été payé. Les propriétaires de ces installations procèdent alors à la mise en vente du contenu afin de récupérer leurs pertes, plutôt que de gérer eux-mêmes les biens laissés sur place.

Ces ventes sont généralement proposées sur des plateformes spécialisées. Le concept est d’ailleurs bien connu du grand public, notamment à travers des émissions comme Storage Wars, où des acheteurs misent sur des entrepôts sans en connaître le contenu exact.

Chaque unité est présentée avec seulement quelques photos, prises directement à l’ouverture de la porte, sans que le contenu ne soit manipulé ni inspecté en profondeur.

Exemples de photos utilisées lors de la mise en vente d’unités d’entreposage

exemple de locker entrepot abandonné contenu visible
Vue générale d’un entrepôt
contenu entrepôt abandonné difficile a distinguer photo floue
Contenu difficile à distinguer / photo floue

Il en résulte des annonces très sommaires, souvent limitées à trois ou quatre images, parfois floues ou prises à distance. L’acheteur ne peut donc pas savoir précisément ce qui se trouve à l’intérieur.

Ce type d’encan repose ainsi en grande partie sur l’interprétation… et sur une certaine prise de risque. Dans les faits, cela devient presque un jeu : zoomer sur les photos, analyser chaque détail, tenter de reconnaître une forme, une boîte, une texture, et essayer d’y déceler des objets intéressants que d’autres n’auront peut-être pas remarqués.

Les avantages : pourquoi certains en font un mode de vie

Malgré cette incertitude, plusieurs y voient une réelle opportunité. Pour certains, acheter un entrepôt abandonné devient une approche intéressante pour trouver des objets à revendre.

Il arrive que des trouvailles intéressantes se cachent derrière ces portes fermées. Certains de nos vendeurs ont déjà découvert des bijoux en or, des collections complètes de vinyles et même une boîte contenant des montres de luxe. D’autres ont mis la main sur des ensembles d’outils professionnels, des figurines scellées encore dans leur boîte d’origine, des instruments de musique, ou même des boîtes jamais ouvertes contenant des articles neufs.

Exemples concrets

Dans certains cas, une seule découverte peut faire toute la différence. Un vendeur a acheté un entrepôt pour 350 $, dans lequel se trouvait un ensemble de 2 chandeliers en verre soufflé Chalet, revendus 510 $ dans nos encans, couvrant à eux seuls l’achat complet, alors que le reste du contenu a généré du profit supplémentaire.

Dans un autre cas, une unité achetée 490 $ contenait, au fond d’une boîte, un petit paquet de cartes de hockey des années 1950. Le vendeur ne connaissait pas particulièrement ce type d’articles; nous l’avons donc conseillé et les avons réparties en 22 lots : certains regroupant 2 ou 3 cartes pour les joueurs plus discrets, et d’autres comprenant une seule carte pour des légendes comme Jacques Plante, Maurice Richard et Doug Harvey. Une carte de Jean Béliveau s’est vendue 46 $, et le tout a généré un total de 296 $ de ventes… et ce n’est pas tout : l’entrepôt contenait aussi une importante collection de consoles de jeux vidéo, qui viendra bonifier significativement le résultat.

Chandeliers en verre soufflé Chalet, vintage, vendus 510 $ en encan
Chandeliers en verre soufflé Chalet — vendus 510 $
Carte de hockey de Jean Béliveau, 1958-59, vendue 40 $ en encan
Carte de Jean Béliveau (1958-59) — vendue 46 $

Un modèle basé sur le volume

Parfois, c’est un objet inattendu — une vieille enseigne publicitaire, une lampe design ou un appareil ancien recherché — qui fait toute la différence.

L’un des éléments les plus attirants demeure l’effet de volume. Au-delà des trouvailles ponctuelles, un seul achat permet souvent d’acquérir une grande quantité d’objets à un coût relativement bas, offrant ainsi plusieurs occasions de revente et de profit.

Ce type d’activité attire souvent des profils débrouillards, capables de reconnaître rapidement la valeur d’un objet et de prendre des décisions avec peu d’information. Pour ceux qui développent cet instinct, cela peut devenir une approche rentable et structurée.

Ce modèle permet également de constituer rapidement un inventaire important, idéal pour alimenter plusieurs encans. Pour ceux qui souhaitent développer une activité de revente, cela représente un levier intéressant.

Enfin, il y a l’aspect imprévisible. Pour certains, le simple fait de ne pas savoir ce qu’ils vont découvrir fait partie intégrante de l’attrait.

Les inconvénients : la réalité derrière le concept

Ce type d’achat comporte toutefois son lot de contraintes.

Contraintes logistiques et physiques

Une fois l’unité achetée, l’acheteur doit généralement en vider l’intégralité dans un délai très court, souvent entre 24 et 48 heures, sans exception, ce qui exige une organisation rapide et efficace.

Le format de l’unité joue aussi un rôle important. Un espace de 5′ x 5′ se vide rapidement, alors qu’un 10′ x 20′ peut représenter un volume considérable à gérer en peu de temps. Il faut donc prévoir le véhicule adapté pour le transport, mais aussi l’espace nécessaire pour entreposer le contenu une fois récupéré. Certains vendeurs qui achètent régulièrement des unités d’entreposage louent eux-mêmes un espace afin de gérer leur roulement d’inventaire.

À cela s’ajoute l’aspect physique du travail : vider, manipuler et trier le contenu demande du temps, de l’énergie et, bien souvent, plusieurs personnes. Il faut également prévoir une solution pour se départir des objets indésirables ou invendables. Une partie du contenu n’aura aucune valeur, et une autre ne correspondra tout simplement pas aux types d’articles acceptés dans nos encans.

Acheter un entrepôt abandonné demande donc une certaine préparation, autant au niveau logistique que physique.

Contenu imprévisible et qualité variable

Les photos étant limitées, certaines réalités peuvent ne pas être visibles au moment de l’achat. Il arrive que des objets encombrants, comme des réfrigérateurs, des meubles brisés ou des matelas, soient présents sans avoir été clairement montrés. Dans d’autres cas, le contenu peut être beaucoup moins intéressant qu’il n’y paraissait : sacs de vêtements sans valeur, objets usés, ou même boîtes vides.

La question de la salubrité entre également en jeu, puisque certains espaces peuvent être mal entretenus, accumuler de la poussière, dégager des odeurs ou présenter des traces évidentes de présence de rongeurs… parfois plus visibles qu’on ne le souhaiterait.

Enfin, l’incertitude demeure constante, puisqu’il est tout à fait possible de tomber sur des objets de valeur comme sur des contenus sans intérêt.

Une activité à découvrir… ou à éviter ?

L’achat d’unités d’entreposage abandonnées repose sur un équilibre entre intuition, expérience et tolérance au risque.

Certaines personnes y trouvent leur compte et développent une méthode, tandis que d’autres préfèrent ne pas poursuivre après une première expérience.

Au final, chacun peut se faire sa propre idée en pesant les avantages et les inconvénients… et souvent, en en essayant quelques unités.

Et après ?

Acheter un entrepôt abandonné, c’est aussi savoir quoi faire avec ce qu’on y découvre. Lorsqu’un locker révèle des objets intéressants, encore faut-il savoir comment les mettre en valeur. Plusieurs de nos vendeurs choisissent de détailler leurs trouvailles et de les proposer à l’unité dans nos encans plutôt que de les revendre en bloc, afin d’en maximiser le potentiel.

C’est précisément là que notre expertise entre en jeu, en permettant de présenter ces objets à un large bassin d’acheteurs.

Acheter des entrepôts abandonnés, c’est accepter une part d’inconnu… mais au final, ce n’est pas seulement ce qu’on y trouve qui fait la différence — c’est ce qu’on est capable d’en faire ensuite.



6 réflexions au sujet de « Acheter des entrepôts abandonnés : rentable ou risqué ? »

    1. Honnêtement, c’est exactement ce qui attire beaucoup de gens vers les encans d’entrepôts abandonnés.
      Parfois il n’y a absolument rien d’intéressant… et d’autres fois, une simple petite boîte oubliée peut complètement changer la valeur d’un locker. C’est ce côté imprévisible qui rend ça aussi fascinant.

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